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8 mai sous le soleil

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  • 08-05-2016
  • 8 mai sous le soleil
  • Par Commune Boissettes <mairie-de-boissettes@wanadoo.fr>

8 mai sous le soleil

Cérémonie du 8 mai et remise de médailles du travail

Cérémonie du 8 mai ensoleillée place de Verdun, devant le monument aux morts. Après la lecture par Thierry Segura, conseiller municipal, du message du secrétaire d'état auprès du Ministre de la Défense chargé des Anciens Combattants et de la mémoire, le Maire a fait le discours suivant en présence d'un public recueilli :

"Enthousiaste et juvénile, généreuse et passionnée, vibrante encore des combats récents, la presse de la Libération construisit ses ambitions sur un double refus : celui du journalisme corrompu de l’avant-guerre, et celui du journalisme servile de l’Occupation. Par la suite, les réalités économiques et politiques viendront sangler étroitement et pour un temps les rêves de la presse française de la Libération... mais cela est une autre histoire …car en ce jour du 8 mai 1945 la presse renaissante et unanime s’enthousiasme pour cette liberté retrouvée , prophétise des lendemains qui chantent , célèbre tel libérateur plutôt que tel autre au grès des sensibilités politiques …cependant qu’au milieu de ces chants d’allegresse , il en est qui ne peuvent s’abandonner pleinement à la liesse populaire comme en témoigne cet éditorial du numéro spécial du 9 mai 1945 de Volontés, Hebdomadaire du mouvement Ceux de la Résistance À la joie de la victoire, à l'allégresse des sirènes et des cloches, des Marseillaise et des Chant du départ, s'ajoute un serrement de cœur au souvenir de ceux qui ne sont plus là : de ceux qui sont tombés glorieusement dans la pleine lumière du vrai combat, dans les rangs des Forces françaises libres. La Résistance de l'intérieur a, elle aussi, ses fusillés, ses morts des barricades. C'est le prix inévitable de toute victoire. Mais cette Victoire, la France l'a payée plus cher encore. Et nous autres « Résistants », si nous ne pouvons nous abandonner à la commune joie comme nous n'avons pas voulu nous abandonner au découragement de la défaite, c'est parce que nos pensées vont vers ces camps où un ennemi sadique a torturé nos camarades, a fait périr d'inanition, de faim, de froid, de misère, sous les coups, dans le travail forcé, dans la pourriture, les meilleurs d'entre nos amis. Certes, nous voyons revenir chaque jour ces êtres amaigris qui ne semblent plus vivre que dans un regard qui s'en va loin, au-delà des choses présentes... Certes, nous en attendons d'autres [...] Je pense à vous, résistants inconnus, que j'entendis un jour crier et scander de vos voitures cellulaires, boulevard Saint-Michel, des « Vive la France, vive la France, vive la France » qui sortaient comme d'une tombe... Jamais encore, dans une guerre, on n'était mort comme ils sont morts, nos camarades clandestins. Jamais ennemi ne fut plus sauvage, implacable et cruel. Jamais les souffrances humaines n'ont atteint cette intensité. Et c'est cette vision de Dachau, de Buchenwald qui ternit notre joie, à nous, qui découvrons maintenant ce que vous avez souffert. Vous avez été cette poignée d'hommes qui, entraînant une masse amorphe, avez écrit, malgré l'ennemi, cette page d'histoire et de gloire, qui, sans vous, eût été blanche dans les manuels de nos enfants. À nous les survivants, vos mains froides maintenant, ont transmis intact l'honneur du pays que vous avez su préserver de ceux qui le souillaient. En voyant passer nos amis décharnés, professeurs, ouvriers, paysans, médecins fraternellement unis dans leurs vêtements du bagne, le peuple de France a compris que la Résistance n'était pas un vain mot. À nous de faire en sorte qu'il ne l'oublie plus. À nous de ne pas faiblir devant l'effort quotidien obscur et sans gloire de ceux, héroïques et purs, qui, lui ont donné leurs souffrances et leur vie. et en ce jour de commémoration nous pourrions simplement ajouter : ‘’ à nous , peuple de France du temps présent , de garder vivante cette mémoire ’.

A l'issue de la cérémonie, le maire a remis trois médailles d'honneur du travail deux -argent et vermeil- à Monsieur François Bailly, la troisième -grand or- à Madame Jacqueline Obrecht. 

Il a ensuite invité les participants à un vin d'honneur dans la salle communale.